Fiscalité de l'assurance-vie après 8 ans : ce qui change vraiment
Abattement de 4 600 €, taux de 7,5 %, seuil des 150 000 €, abattement de 152 500 € à la transmission : les règles 2026 expliquées simplement.
L'investissement responsable est devenu incontournable dans les contrats d'assurance-vie et les PER. Mais entre les labels officiels, les classifications européennes et les discours marketing, difficile de savoir ce que l'on achète vraiment. Ce guide explique ce que garantissent les labels ISR, Greenfin et Finansol, ce qu'a changé la réforme du label ISR, et comment en mettre dans votre épargne sans sacrifier la performance.
L'investissement responsable (ou ISR, investissement socialement responsable) consiste à intégrer des critères extra-financiers dans le choix des placements. Ces critères sont regroupés sous l'acronyme ESG : environnement (émissions de CO2, biodiversité, gestion des déchets), social (conditions de travail, égalité, relations avec les fournisseurs) et gouvernance (indépendance du conseil, rémunération des dirigeants, lutte contre la corruption).
Plusieurs approches coexistent, et elles n'ont pas la même exigence :
Un même mot, « responsable », recouvre donc des réalités très différentes, et tout investissement responsable n'a pas la même exigence. D'où l'intérêt des labels, qui fixent un cahier des charges vérifié par un organisme indépendant.
La France dispose de trois labels publics ou reconnus, chacun avec un objectif distinct. Les chiffres ci-dessous sont des ordres de grandeur publiés par les organismes labellisateurs et la presse spécialisée à l'automne 2026.
| Label | Créé en | Porté par | Objectif | Fonds labellisés (ordre de grandeur) |
|---|---|---|---|---|
| ISR | 2016 | Ministère de l'Économie | Intégration ESG rigoureuse, exclusion progressive des énergies fossiles depuis 2024 | Environ 1 000 fonds (contre plus de 1 300 avant la réforme) |
| Greenfin | 2015 | Ministère de la Transition écologique | Financement de la transition énergétique et écologique, exclusion stricte du nucléaire et des fossiles | Environ 100 fonds, 36 milliards d'euros |
| Finansol | 1997 | Association FAIR | Finance solidaire : logement très social, insertion, agriculture bio, solidarité internationale | Plusieurs centaines de produits (fonds, livrets, actions non cotées) |
C'est le plus répandu. Il concerne les fonds actions, obligations, diversifiés et, depuis 2020, les fonds immobiliers (SCPI, OPCI). Le gestionnaire doit analyser l'ESG d'au moins 90 % des titres en portefeuille, exclure les 30 % les moins bien notés de l'univers de départ (ou améliorer la note moyenne de façon significative), et publier des indicateurs de suivi. Le label est attribué pour trois ans, avec des audits intermédiaires, par des organismes comme Afnor Certification, Deloitte ou EY.
Plus sélectif, il cible les fonds qui financent directement la transition écologique : énergies renouvelables, efficacité énergétique, économie circulaire, transports propres. Il exclut totalement les énergies fossiles et le nucléaire. Les fonds Greenfin sont donc plus concentrés, avec une volatilité souvent supérieure.
Il distingue les produits d'épargne solidaire. Soit le produit investit une partie de ses actifs dans des entreprises solidaires non cotées (fonds « 90/10 » de l'épargne salariale), soit il reverse une part de sa performance à des associations. Le rendement financier est souvent plus faible, en échange d'un impact direct et mesurable. Les informations officielles sur ces trois labels sont disponibles sur economie.gouv.fr.
Le label ISR a longtemps été critiqué pour sa tolérance aux énergies fossiles. Une étude citée par la presse financière montrait en 2022 que TotalEnergies figurait dans près de 30 % des fonds labellisés. Le gouvernement a réagi en publiant, en décembre 2023, un nouveau référentiel.
Les principales nouveautés sont les suivantes :
Le résultat a été un tri important. Sur environ 1 340 fonds labellisés fin 2024, près de 30 % ont perdu ou abandonné le label, faute de pouvoir se conformer. Une partie des fonds ont dû vendre leurs positions dans les grandes compagnies pétrolières. Le label est aujourd'hui plus exigeant, donc plus crédible pour qui veut un investissement responsable sans compromis sur les fossiles.
En parallèle des labels français, le règlement européen SFDR (2021) impose aux fonds de se classer dans l'une de trois catégories : article 6 (pas d'objectif durable), article 8 (promotion de caractéristiques ESG) ou article 9 (objectif d'investissement durable). Ces catégories sont déclaratives : ce sont les gestionnaires eux-mêmes qui se classent, sans label ni audit externe.
Un fonds « article 8 » n'est donc pas forcément exigeant. La Commission européenne a d'ailleurs engagé fin 2025 une révision du règlement pour remplacer ces articles par des catégories plus lisibles. En attendant, les labels restent le repère le plus fiable pour un particulier. L'AMF encadre par ailleurs, depuis 2020, la communication des fonds sur leurs caractéristiques extra-financières, en exigeant que les engagements soient « significatifs » et mesurables.
C'est la question que tout le monde pose. La réponse honnête est : ni plus, ni moins, sur longue période. Les études académiques et les comparaisons d'indices (par exemple l'indice MSCI World et sa version ESG) montrent des écarts de performance limités, tantôt favorables, tantôt défavorables selon les périodes.
Ce qui compte davantage que l'étiquette, c'est la qualité de la gestion, le niveau des frais et la diversification. Un fonds ISR à 2,5 % de frais annuels fera moins bien qu'un fonds indiciel ESG à 0,3 %. Et un fonds thématique très concentré (Greenfin, par exemple) sera plus volatil qu'un fonds diversifié. Dans tous les cas, les unités de compte présentent un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Pour un même univers, on trouve aujourd'hui des ETF ESG ou ISR à 0,15-0,30 % de frais, des fonds actifs labellisés entre 0,8 et 2 %, et des fonds à impact au-delà. Sur vingt ans, un point de frais annuel représente environ 20 % de capital final en moins. C'est l'un des critères que j'examine en priorité dans la sélection des supports.
La loi Pacte a rendu l'accès obligatoire : depuis 2022, tout contrat d'assurance-vie multisupport doit proposer au moins une unité de compte labellisée ISR, une labellisée Greenfin et une labellisée Finansol. Les PER assurantiels suivent la même logique. Vous avez donc, dans votre contrat actuel, au minimum trois supports responsables. Reste à savoir lesquels, et s'ils sont bons.
Si votre contrat est ancien, avec peu de supports et des frais élevés, il peut être pertinent d'en ouvrir un second plus moderne, sans fermer le premier pour conserver son antériorité fiscale. Les règles de la fiscalité de l'assurance-vie après huit ans et le fonctionnement du PER en 2026 sont détaillés dans deux articles dédiés.
Le choix des supports fait partie intégrante de la méthode du cabinet : nous définissons d'abord vos objectifs et votre profil de risque, puis seulement les fonds qui y répondent, labellisés ou non.
Le greenwashing, ou écoblanchiment, consiste à présenter un produit comme plus vertueux qu'il ne l'est. En épargne, il prend des formes subtiles. Voici les points à contrôler avant de qualifier un fonds d'investissement responsable.
« Je ne demande jamais à un client d'investir responsable par principe. Je lui demande ce qu'il veut financer, et ce qu'il refuse de financer. Ensuite, on cherche les fonds qui correspondent, avec des frais raisonnables. Le label aide, mais il ne remplace pas le discernement. »
ESG désigne les trois familles de critères extra-financiers (environnement, social, gouvernance). ISR désigne la démarche d'investissement qui utilise ces critères, et en France le label officiel qui la certifie. Un fonds peut intégrer des critères ESG sans être labellisé ISR.
Non, pas de façon systématique. Sur longue période, les écarts de performance entre indices classiques et indices ESG sont faibles et varient selon les années. Les frais et la qualité de la gestion pèsent davantage que le label. Le risque de perte en capital reste présent dans les deux cas.
Oui si c'est un contrat multisupport. Depuis 2022, la loi Pacte impose au moins une unité de compte labellisée ISR, une Greenfin et une Finansol dans chaque contrat. Demandez la liste à votre assureur ou consultez les fiches des supports.
Depuis le 1er mars 2024 pour les nouveaux fonds et le 1er janvier 2025 pour les fonds existants, le label exclut les entreprises du charbon, des hydrocarbures non conventionnels et celles qui développent de nouveaux projets pétroliers ou gaziers. Environ 30 % des fonds ont perdu le label à cette occasion.
Vérifiez la présence d'un label officiel et sa date, lisez les dix premières lignes du portefeuille, cherchez une politique d'exclusion chiffrée et des indicateurs d'impact publiés. Un nom évocateur sans label ni indicateur est un signal d'alerte.
Oui. De nombreux ETF répliquent des indices ESG ou « Paris-aligned », avec des frais très faibles, et certains portent le label ISR. Ils offrent une diversification large à moindre coût, mais leur approche est souvent moins sélective qu'un fonds actif thématique ou solidaire.
Les informations de cet article sont fournies à titre pédagogique à la date de publication et ne constituent pas un conseil personnalisé. Les placements présentent un risque de perte en capital ; la fiscalité dépend de votre situation et de la législation en vigueur. Seule une étude patrimoniale permet de valider une stratégie.
Premier rendez-vous d'1h30 offert, en visioconférence ou au cabinet. Vous repartez avec une analyse écrite de votre situation.